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Mamgo, suivi de ses partisans, se retira sur les rives de l’Oxus, et implora la protection de Sapor. L’empereur chinois réclama le fugitif, en faisant valoir les droits de souveraineté. Le monarque persan allégua les lois de l’hospitalité ; mais ce ne fut pas sans quelque difficulté qu’il évita la guerre, en promettant de bannir Mamgo à l’extrémité de l’Occident ; punition, disait-il, non moins terrible que la mort même. L’Arménie fut choisie pour le lieu de l’exil, et on assigna aux Scythes un territoire considérable où ils pussent nourrir leurs troupeaux, et transporter leurs tentes d’un lieu à l’autre, selon les différentes saisons de l’année. Ils eurent ordre de repousser l’invasion de Tiridate ; mais leur chef, après avoir pesé les services et les injures qu’il avait reçus du monarque persan, résolut d’abandonner son parti. Le prince arménien, qui connaissait le mérite et la puissance d’un pareil allié, traita Mamgo avec distinction ; et en l’admettant à sa confiance, il acquit un brave et fidèle serviteur, qui contribua très-efficacement à le faire remonter sur le trône de ses ancêtres[1].

Les Perses reprennent l’Arménie.

La fortune sembla favoriser pendant quelque temps la valeur entreprenante de Tiridate. Non-seulement il chassa de l’Arménie les ennemis de sa famille et de son peuple ; mais encore, animé du désir de se venger, il porta ses armes, ou du moins fit des incursions dans le cœur de l’Assyrie. L’historien

  1. Histoire d’Arménie, l. II, c. 81.