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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/344

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le feu perpétuel d’Ormuzd. [Révolte du peuple et des nobles.]Une nation irritée par tant d’injures, devait naturellement s’armer avec ardeur pour la défense de sa liberté, de sa religion et de la souveraineté de ses monarques héréditaires. Le torrent renversa tous les obstacles ; et les Perses, incapables de résister à son impétuosité, prirent la fuite avec précipitation. Les nobles d’Arménie accoururent sous les étendards de Tiridate, tous vantant leurs mérites passés, offrant leurs services pour l’avenir, et demandant au nouveau roi les honneurs et les récompenses qu’on leur avait dédaigneusement refusés sous un gouvernement étranger[1]. On nomma pour commander l’armée Artavasdès, fils de ce sénateur fidèle qui avait sauvé Tiridate dans son enfance, et dont la famille avait été victime de cette action généreuse. Le frère d’Artavasdès obtint le gouvernement d’une province. Un des premiers grades militaires fut donné au satrape Otas, homme d’un courage et d’une tempérance singulière. Il offrit au roi sa sœur[2] et un trésor considérable, qui, ren-

    statues avaient été érigées par Valarsaces, qui régnait en Arménie environ cent trente ans avant Jésus-Christ. Il fut le premier roi de la famille d’Arsaces. Voyez Moïse, Hist. d’Arménie, l. II, 2, 3. Justin (XLI, 5) et Ammien-Marcellin (XXIII, 6) ont parlé de la déification des Arsacides.

  1. La noblesse d’Arménie était nombreuse et puissante : Moïse parle de plusieurs familles qui se distinguèrent sous le règne de Valarsaces (l. II, 7), et qui subsistaient encore de son temps, vers le milieu du cinquième siècle. Voyez la préface de ses éditeurs.
  2. Elle s’appelait Chosroiduchta, et elle n’avait point l’os