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Récapitulation des guerres entre les Parthes et les Romains.

Dès qu’Artaxercès eut triomphé de ses rivaux, son ambition se porta vers les états voisins, qui, durant le sommeil léthargique de ses prédécesseurs, avaient insulté avec impunité un royaume affaibli. Il remporta quelques victoires faciles sur les Scythes indisciplinés, et sur les Indiens amollis ; mais il trouva dans les Romains des ennemis formidables, dont les outrages réitérés l’excitaient à la vengeance, et avec lesquels il ne pouvait se mesurer sans employer les plus grands efforts.

Quarante ans de tranquillité, fruit de la valeur et de la modération, avaient succédé aux conquêtes de Trajan. L’empire, depuis l’avènement de Marc-Aurèle, jusqu’au règne d’Alexandre-Sévère, avait été deux fois en guerre avec les Parthes ; et quoique les Arsacides eussent alors développé toutes leurs forces contre une partie seulement des troupes romaines, les Césars furent presque toujours victorieux. À la vérité, le timide Macrin, enchaîné par une situation précaire, acheta la paix au prix de deux millions sterl.[1]. Mais les généraux de Marc-Aurèle, l’empereur Sévère, son fils même, avaient érigé en Arménie, dans la Mésopotamie et en Assyrie, plusieurs trophées. Une relation imparfaite de leurs exploits aurait interrompu le récit intéressant des révolutions qui, dans cette période, agitèrent l’intérieur de l’empire. Comme

  1. Dion, l. XXVIII, p. 1335.