Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/294

Cette page a été validée par deux contributeurs.


part pour cette expédition lointaine, il conféra le titre de César à ses deux fils, Carin et Numérien ; et cédant au premier une portion presque égale de l’autorité souveraine, il lui ordonna d’apaiser d’abord quelques troubles élevés dans la Gaule, ensuite de fixer sa résidence à Rome, et de prendre le commandement des provinces occidentales[1]. Une victoire mémorable remportée sur les Sarmates assura la tranquillité de l’Illyrie. Les Barbares laissèrent seize mille hommes sur le champ de bataille ; vingt mille d’entre eux furent faits prisonniers. Impatient de cueillir de nouveaux lauriers, le vieil empereur se mit en marche au milieu de l’hiver, traversa la Thrace et l’Asie Mineure, et arriva sur les confins de la Perse avec Numérien, le plus jeune de ses fils. Ce fut là que, campé sur le sommet d’une haute montagne, il montra aux troupes l’opulence et le luxe de l’ennemi dont elles allaient bientôt envahir le territoire.

Il donne audience aux ambassadeurs persans. A. D. 283.

Le successeur d’Artaxercès, Varanes ou Babram, avait subjugué les Ségestins, une des nations les plus belliqueuses de la Haute-Asie[2]. Malgré cet exploit, l’approche des Romains l’alarma ; il résolut d’employer, pour retarder leurs progrès, la voie de la négociation. Ses ambassadeurs entrèrent dans le camp romain vers le coucher du soleil, au moment

  1. Hist. Aug., p. 353 ; Eutrope, IX, 18 ; Pagi, Annal.
  2. Agathias, l. IV, p. 135. On trouve une de ses maximes dans la Bibliothéque orientale de d’Herbelot : La définition de l’humanité renferme toutes les autres vertus.