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fut vérifiée par la victoire de Probus ; mais la clémence de ce prince voulut empêcher l’effet de la dernière. Il essaya même d’arracher l’infortuné Saturnin à la fureur des soldats. Rempli d’estime pour l’usurpateur, Probus avait puni, comme un vil délateur, le premier qui lui avait apporté la nouvelle de sa révolte[1]. [A. D. 279.]Il avait exhorté plus d’une fois ce général rebelle à prendre confiance en son maître. Saturnin aurait peut-être accepté une offre si généreuse, s’il n’eût pas été retenu par l’opiniâtreté de ses partisans. Plus coupables que leur chef, ils avaient plus à redouter le ressentiment de l’empereur, et ils s’étaient formé de plus grandes espérances sur le succès de leur révolte.

De Bonosus et de Proculus en Gaule. A. D. 280.

À peine le calme fut-il rétabli en Orient que la rebellion de Proculus et de Bonosus excita de nouveaux troubles dans la Gaule. Ces deux officiers s’étaient rendus fameux seulement, l’un par ses exploits de galanterie[2], l’autre par la faculté singulière de boire à l’excès, sans perdre la raison. Ils ne

    tuné avait étudié la rhétorique à Carthage, et nous sommes portés à croire qu’il était Maure (Zosime, l. I, p. 60) plutôt que Gaulois, comme le dit Vopiscus.

  1. Zonare, l. XII, p. 638.
  2. On rapporte un exemple fort surprenant des prouesses de Proculus : cet officier avait pris cent vierges sarmates. Il vaut mieux l’entendre raconter dans sa langue le reste de l’histoire. Ex his unâ nocte decem inivi : omnes tamen, quod in me erat, mulieres intra dies quindecim reddidi. Vopiscus, Hist. Auguste, p. 246.