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menses, les Romains n’auraient eu qu’une frontière beaucoup plus étendue à défendre contre les Scythes, Barbares plus redoutables par leur courage et par leur activité.

Il bâtit un mur depuis le Rhin jusqu’au Danube.

Au lieu de réduire au rang de sujets les naturels belliqueux de la Germanie, Probus se borna au soin plus modeste d’élever un rempart contre leurs incursions. Le pays qui forme maintenant le cercle de Souabe, était devenu désert du temps d’Auguste par l’émigration de ses anciens habitans[1] ; la fertilité du sol attira bientôt une nouvelle colonie des provinces de la Gaule. Des bandes d’aventuriers, d’un caractère vagabond et sans fortune, s’emparèrent de cette contrée, dont les états voisins se disputaient la possession ; et ils reconnurent la majesté de l’empire en lui payant le dixième de leurs revenus[2]. Pour protéger ces nouveaux sujets, les Romains construisirent des postes qu’ils distribuèrent par degrés, depuis le Rhin jusqu’au Danube. Vers le règne d’Adrien, lorsqu’on imagina un pareil moyen de défense, ces postes furent couverts et communiquèrent l’un à l’autre par un fort retranchement d’arbres et de palissades. À des remparts si informes,

    l’empereur au sénat, dans laquelle ce prince parle du projet de réduire la Germanie en province.

  1. Strabon, l. VII. Selon Velleius-Paterculus (II, 108), Maroboduus mena ses Marcomans en Bohême. Cluvier (Germ. ant., III, 8) prouve qu’il partit de la Souabe.
  2. Le payement du dixième fit donner à ces colons le nom de Decumates. Tacite, Germ., 29.