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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/277

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miers[1]. » Cependant, les armes et la discipline des Romains détruisirent facilement ces horribles fantômes. Les Lygiens furent taillés en pièces dans une action générale ; et Senno, le plus renommé de leurs chefs, tomba entre les mains de Probus. Ce prudent empereur ne voulant pas réduire au désespoir de si braves ennemis, leur accorda une capitulation honorable, et leur permit de retourner en sûreté dans leur patrie. Mais les pertes qu’ils avaient essuyées dans la marche, dans la bataille, et celles qu’ils essuyèrent dans la retraite, anéantirent la nation. L’histoire de la Germanie ou de l’Empire ne répète plus même le nom des Lygiens. Ces victoires, qui furent le salut de la Gaule, coûtèrent, dit-on, aux ennemis quatre cent mille hommes ; entreprise pénible pour les Romains, et dispendieuse pour l’empereur, qui payait une pièce d’or chaque tête de Barbare[2]. Cependant, comme la réputation des guerriers est fondée sur la destruction du genre humain, nous pouvons naturellement soupçonner que le nombre des morts fut exagéré par l’avarice des soldats, et que la vanité prodigue du prince ne se mit pas en peine d’en faire une recherche bien exacte.

Probus porte ses armes en Germanie.

Depuis l’expédition de Maximin, les généraux romains s’étaient bornés à une guerre défensive contre les nations germaniques qui pressaient continuellement les frontières de l’empire. Probus, plus

  1. Tacite, Germ., 43, traduction de l’abbé de la Bléterie.
  2. Vopiscus, Hist. Aug., 238.