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mille ans il s’élèverait un monarque du sang de Tacite, qui protégerait le sénat, rétablirait Rome, et soumettrait toute la terre[1].

Caractère et avénement de l’empereur Probus.

Les paysans d’Illyrie avaient déjà sauvé la monarchie près de périr, en lui donnant Claude et Aurélien. L’élévation de Probus ajouta encore à leur gloire[2]. Plus de vingt ans avant cette époque, le mérite naissant du jeune soldat n’avait point échappé à la pénétration de Valérien, qui lui conféra le rang de tribun, quoiqu’il fût bien éloigné de l’âge prescrit par les règlemens militaires. La conduite du tribun justifia bientôt un choix si flatteur. Il remporta sur un détachement considérable de Sarmates une victoire complète, dans laquelle il sauva la vie à un proche parent de l’empereur, et mérita de recevoir des mains du prince les bracelets, les colliers, les épées, les drapeaux, la couronne civique, la couronne murale, et toutes les marques honorables destinées par l’ancienne Rome à récompenser la valeur triomphante. On lui confia le commandement de la troisième légion, et ensuite de la dixième.

  1. Ce héros devait envoyer des juges aux Parthes, aux Perses et aux Sarmates, un président dans la Taprobane, et un proconsul dans l’île Romaine (que Casaubon et Saumaise supposent être la Bretagne). Une Histoire telle que la mienne (dit Vopiscus avec une juste modestie) ne subsistera plus dans mille ans pour faire connaître cette prédiction fausse ou vraie.
  2. Pour la vie privée de Probus, voyez Vopiscus, Hist. Aug., p. 234-237.