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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/260

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tonins, avaient pris les rênes de l’état dans un âge très-avancé, que la république avait besoin d’une âme et non d’un corps, qu’elle avait fait choix d’un souverain, non d’un soldat, et que tout ce qu’elle lui demandait était de diriger, par sa sagesse, la valeur des légions. Ces instances pressantes, qui exprimaient confusément le vœu général, furent appuyées d’un discours plus régulier, prononcé par Metius Falconius, le premier des consulaires après Tacite. Falconius rappela les maux que Rome avait soufferts, lorsqu’elle avait été gouvernée par de jeunes princes, livrés à l’excès de leurs passions. Il félicita l’assemblée sur l’élection d’un sénateur vertueux et expérimenté. Enfin, avec une liberté courageuse, quoique peut-être elle eût pour principe l’intérêt personnel, il exhorta Tacite à ne pas oublier les motifs de son élévation, et à chercher un successeur non dans sa famille, mais dans l’état. Ce discours fut généralement applaudi : l’empereur élu, cédant à l’autorité de la patrie, reçut l’hommage volontaire de ses égaux. Le consentement du peuple romain et des gardes prétoriennes confirma le jugement des sénateurs[1].

Autorité du sénat.

L’administration de Tacite fut conforme aux principes qu’il avait adoptés. Il conserva sur le trône le

  1. Hist. Aug., p. 228. L’empereur Tacite, en parlant aux prétoriens, les appelle sanctissimi milites, et, en adressant la parole au peuple, il lui donne le nom de sacratissimi quirites.