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dignité sénatoriale. Le père eut dans la suite le gouvernement de la Lucanie[1]. Le prince, qui bientôt l’admit dans sa société et à son amitié, lui demandait familièrement s’il ne valait pas mieux gouverner une province d’Italie que de régner au-delà des Alpes. Le fils acquit une grande considération dans le sénat ; et de tous les nobles de Rome, il n’y en eut aucun qui fût plus estimé d’Aurélien et de ses successeurs[2].

Sa magnificence et sa dévotion.

La pompe triomphale dont nous venons de donner la description, était si nombreuse, elle s’avançait avec une majesté si lente, qu’elle ne put arriver au Capitole avant la neuvième heure, quoiqu’elle eût commencé dès l’aube du jour ; et il faisait déjà nuit lorsque l’empereur se rendit au palais. À cette cérémonie brillante succédèrent des représentations de théâtre, des jeux du cirque, des chasses de bêtes sauvages, des combats de gladiateurs et des batailles navales. On distribua de grandes largesses aux troupes et au peuple. Plusieurs institutions agréables ou utiles contribuèrent à perpétuer, au milieu de la capitale, la gloire du vainqueur. Il consacra aux dieux de Rome la plus grande partie des dépouilles de l’Orient. Sa piété fastueuse suspendit de superbes

  1. Vopiscus, Hist. Aug., p. 222 ; Eutrope, IX, 13; Victor le jeune ; mais Pollion, dans l’Histoire Auguste, p. 196, prétend que Tetricus fut fait co-recteur de toute l’Italie.
  2. Hist. Aug., p. 197.