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se faire aucune idée de ses immenses préparatifs. Palmyre est remplie d’une quantité prodigieuse de dards, de pierres et d’armes de toute espèce. Chaque partie des murs est garnie de deux ou trois balistes ; et les machines de guerre lancent perpétuellement des feux. La crainte du châtiment inspire à Zénobie un désespoir qui augmente son courage. Cependant j’ai toujours la plus grande confiance dans les divinités tutélaires de Rome, qui, jusqu’à présent, ont favorisé toutes nos entreprises[1]. » Malgré cette assurance, Aurélien doutait de la protection des dieux et de l’événement du siége. Persuadé qu’il était plus prudent d’avoir recours à une capitulation avantageuse, il offrit à la reine une retraite brillante ; aux citoyens, la confirmation de leurs priviléges. Ses propositions furent rejetées avec opiniâtreté, et l’insulte accompagna le refus.

Zénobie tombe entre les mains de l’empereur.

Zénobie imaginait qu’en peu de temps la famine contraindrait les Romains à repasser le désert ; elle se flattait aussi, avec toute apparence de raison, que les rois de l’Orient, et surtout le monarque de la Perse, armeraient pour défendre un allié naturel. Ces espérances soutenaient sa fermeté ; mais la persévérance et la fortune d’Aurélien surmontèrent tous les obstacles. La mort de Sapor, que l’on place à cette époque[2], mit la division dans le conseil de la

  1. Vopiscus, Hist. Aug., p. 218.
  2. J’ai tâché de tirer une date très-probable d’une chronologie très-obscure.