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symboles les plus purs, les productions les plus nobles, et les agens les plus actifs de la nature et de la puissance divine[1].

Cérémonies et préceptes moraux.

Pour faire une impression profonde et durable sur l’esprit humain, toute religion doit exercer notre obéissance, en nous prescrivant des pratiques de dévotion dont il nous soit impossible d’assigner le motif. Elle doit encore gagner notre estime, en inculquant dans notre âme des devoirs de morale analogues aux mouvemens de notre propre cœur. Zoroastre avait employé avec profusion le premier de ces moyens, et suffisamment le second. Dès que le fidèle Persan avait atteint l’âge de puberté, on lui donnait une ceinture mystérieuse, gage de la protection divine ; et depuis ce moment, toutes les actions de sa vie, les plus nécessaires comme les plus indifférentes, étaient également sanctifiées par des prières, des éjaculations ou des génuflexions. Aucune circonstance particulière ne devait le dispenser de ces cérémonies ; la plus légère omission l’aurait rendu aussi coupable que s’il eût manqué à la justice, à la compassion, à

    parfois les a fait confondre ; mais Anquetil avait lui-même relevé cette erreur, qu’ont signalée Kleuker et tous ceux qui ont étudié le Zend-Avesta. Voyez la huitième dissertation d’Anquetil ; Kleuker, Anhang., part. III, p. 132. (Note de l’Éditeur.)

  1. Hyde, De rel. Pers., c. 8. Malgré toutes leurs distinctions et toutes leurs protestations, qui paraissent assez sincères, leurs tyrans, les mahométans, leur ont toujours reproché d’être adorateurs idolâtres du feu.