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des assiégeans. Il répandit dans leur camp des libelles, pour exhorter les soldats à se séparer d’un prince indigne, qui sacrifiait le bonheur public à son luxe, et la vie de ses meilleurs sujets aux plus légers soupçons. Les artifices d’Auréole inspirèrent la crainte et le mécontentement aux principaux officiers de son rival. Il se forma une conspiration dans laquelle entrèrent Héraclien, préfet du prétoire ; Marcien, général habile et renommé ; Cécrops, qui commandait un nombreux corps de gardes dalmates. La mort de Gallien fut résolue. Les conjurés voulaient terminer d’abord le siége de Milan ; mais la vue du danger qui redoublait à chaque instant de délai, les força de hâter l’exécution de leur audacieuse entreprise. La nuit était fort avancée, et l’empereur avait prolongé les plaisirs de la table. Tout à coup on vient lui annoncer qu’Auréole, à la tête de toutes ses troupes, a fait une sortie vigoureuse. Gallien, qui ne manqua jamais de courage personnel, quitte avec précipitation le lit magnifique sur lequel il était couché, et, sans se donner le temps de prendre ses armes, ou d’assembler ses gardes, il monte à cheval et court à toute bride vers le lieu supposé de l’attaque. Il se trouve bientôt environné d’ennemis déclarés ou couverts : un dard lancé au milieu de l’obscurité par une main inconnue lui fait une blessure mortelle. [Mort de Gallien. A. D. 268. 20 mars.]Des sentimens patriotiques qui s’élevèrent dans l’âme de Gallien quelques momens avant sa mort, l’engagèrent à nommer pour son successeur un prince digne de régner. Sa dernière volonté fut