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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/176

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dans l’étendue d’une vaste monarchie ? Le nombre même de trente ne peut être complet qu’en comprenant parmi ces tyrans les enfans et les femmes qui furent honorés du titre impérial. [Ils n’étaient réellement que dix-neuf.]Le règne de Gallien, au milieu des troubles qui le déchirèrent, ne produisit que dix-neuf prétendans au trône : Cyriades, Macrien, Baliste, Odenat et Zénobie en Orient ; dans la Gaule et dans les provinces occidentales. Posthume, Lolien, Victorin et sa mère Victoria, Marius et Tetricus ; en Illyrie et sur les confins du Danube, Ingénuus, Regilien et Auréole ; dans le Pont[1], Saturnin ; Trébellien en Isaurie ; dans la Thessalie, Pison ; Valens en Achaïe ; Æmilien en Égypte, et Celsus en Afrique. Les monumens de la vie et de la mort de tous ces prétendans sont ensevelis dans l’obscurité ; nous ne pourrions les éclaircir qu’en entrant dans des détails dont la sécheresse rebuterait le lecteur sans lui rien apprendre d’utile. Bornons-nous donc à quelques traits généraux qui marquent fortement la condition des temps et les caractères de ces usurpateurs, et qui fassent connaître leurs prétentions, leurs motifs, leurs destinées, et les suites funestes de leur rebellion[2].

Caractère et mérite de ces tyrans.

On sait que les anciens employaient souvent le

  1. L’histoire n’a pas désigné d’une manière précise le pays où Saturnin prit la pourpre ; mais il y avait un tyran dans le Pont, et l’on connaît les provinces qui furent le théâtre de la rebellion de tous les autres.
  2. Tillemont, tom. III, p. 1163, les compte d’une manière un peu différente.