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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/165

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vers la frontière à la tête d’une armée formidable. Un serviteur zélé sauva le jeune Tiridate, qui devait être la ressource de sa patrie. L’Arménie, devenue province d’un grand royaume, demeura pendant plus de vingt-sept ans sous le joug des Perses[1]. Ébloui par l’éclat d’une conquête facile, et comptant sur la faiblesse ou sur les malheurs des Romains, Sapor obligea les fortes garnisons de Carrhes et de Nisibis à évacuer ces places, et il répandit la terreur et la désolation le long des rives de l’Euphrate.

Valérien marche en Orient.

La perte d’une frontière importante, la ruine d’un allié naturel et fidèle, et les succès rapides de l’ambitieux Sapor, remplirent Rome d’indignation pour l’insulte faite à sa grandeur, et de crainte sur le danger qui la menaçait. Valérien, persuadé que la vigilance de ses lieutenans suffisait pour garder le Rhin et le Danube, résolut, malgré son âge avancé, de marcher en personne à la défense de l’Euphrate. Son passage dans l’Asie Mineure suspendit les entreprises navales des Goths, et fit jouir cette province infortunée d’un calme passager et trompeur. [Il est vaincu et fait prisonnier par Sapor. A. D. 260.]L’empereur traversa l’Euphrate, rencontra les Perses près des murs d’Édesse, fut vaincu et fait prisonnier par Sapor. Les particularités de ce grand événement

  1. Moïse de Chorène, l. II, c. 71, 73, 74 ; Zonare, l. XII, p. 628. La relation authentique de l’auteur arménien sert à rectifier le récit confus de l’historien grec. Celui-ci parle des enfans de Tiridate, qui alors était lui-même un enfant.