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que les temples oblongs des païens. Les artistes les plus hardis de l’antiquité auraient été effrayés, si on leur eût proposé d’élever en l’air un dôme sur les proportions du Panthéon. Au reste, le temple de Diane était admiré comme une des merveilles du monde. Les Perses, les Macédoniens et les Romains en avaient tour à tour révéré la sainteté et augmenté la magnificence[1]. Mais les sauvages grossiers de la Baltique étaient dépourvus de goût pour les arts, et méprisaient les terreurs idéales d’une superstition étrangère[2].

Conduite des Goths à Athènes.

On rapporte à cette époque une autre circonstance qui serait digne d’être remarquée, si nous n’étions fondés à croire qu’elle n’a jamais existé que dans l’imagination d’un sophiste. Lorsque les Goths saccagèrent Athènes, ils rassemblèrent, dit-on, toutes les bibliothéques de cette ville, et se disposèrent à livrer aux flammes tant de dépôts précieux des connaissances humaines. Ce qui les sauva du feu, ce fut cette opinion semée par un de leurs chefs, qu’il fallait laisser aux Grecs des meubles si propres à les détourner de l’exercice des armes, et à les amuser à

  1. Au reste, la politique des Romains les avait engagés à resserrer les limites du sanctuaire ou asile que différens priviléges avaient successivement étendu jusqu’à deux stades autour du temple. (Strabon, l. XIV, p. 641 ; Tacite, Ann., III, 60, etc.)
  2. Ils n’offraient aucun sacrifice aux dieux de la Grèce. Voyez les Lettres de saint Grégoire Thaumaturge.