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mesure que le fer, les naufrages et la chaleur du climat diminuaient le nombre de ces guerriers, il était sans cesse renouvelé par des troupes de brigands et de déserteurs qui accouraient de toutes parts pour piller les provinces de l’empire, et par une foule d’esclaves fugitifs, souvent originaires de la Germanie ou de la Sarmatie, qui saisissaient avec empressement l’occasion glorieuse de briser leurs chaînes et de se venger. Dans toutes ces guerres, la portion la plus considérable de danger et d’honneur appartient à la nation des Goths. Les annales imparfaites de ce siècle distinguent quelquefois et le plus souvent confondent les tribus qui combattirent sous leurs étendards ; et comme les flottes des Barbares parurent sortir de l’embouchure du Tanaïs, on désigna fréquemment ces différens peuples réunis par le nom vague, mais plus connu, de Scythes[1].

Ruine du temple d’Éphèse.

Au milieu des calamités générales qui affligent le genre humain, la mort d’un individu, quelque grand qu’il soit, est un événement peu remarquable, et la destruction du plus superbe édifice semble ne devoir pas mériter la moindre attention. Nous ne pouvons cependant oublier le sort du temple de Diane à Éphèse, qui, après être sorti sept fois de

  1. Zosime et les autres Grecs (tel que l’auteur du Philopatris) donnent le nom de Scythes aux peuples que Jornandès et les auteurs latins appellent constamment du nom de Golhs.