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et le timide Romain prit pour une victoire la retraite des ennemis[1].

Gallien interdit aux sénateurs le service militaire.

Lorsque Gallien eut appris que les Barbares avaient été forcés d’abandonner les murs de Rome, il craignit que son courage ne le portât un jour à délivrer Rome de la tyrannie domestique, aussi-bien que des invasions étrangères. Sa lâche ingratitude parut visiblement dans un édit qui défendait aux sénateurs d’exercer aucun emploi militaire, et même d’approcher du camp des légions : mais ces alarmes n’étaient pas fondées. Les patriciens, énervés par le luxe et par les richesses, retombèrent bientôt dans leur caractère naturel ; ils acceptèrent comme une faveur cette exemption flétrissante de service, et contens, pourvu qu’on les laissât jouir de leurs théâtres, de leurs bains et de leurs maisons de campagne, ils abandonnèrent avec joie les soins dangereux du gouvernement aux mains grossières des paysans et des soldats[2].

Traité de ce prince avec les Allemands.

Un écrivain du bas-empire parle d’une autre invasion des Allemands, plus formidable, mais dont l’événement fut plus glorieux pour Rome. Trois cent mille de ces barbares furent défaits, dit-on, près de Milan, dans une bataille où Gallien combattit en personne avec dix mille Romains seule-

  1. Zosime, l. I, p. 34.
  2. Aurelius Victor, in Gallieno et Probo. Ses plaintes respirent un grand esprit de liberté.