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le collègue de l’empereur[1]. Tandis que ce prince et Salonin, son fils, encore enfant, déployaient dans la cour de Trêves toute la majesté du trône, les armées se signalèrent sous le commandement de Posthume. Quoique cet habile général trahît par la suite la famille de Valérien, il fut toujours fidèle à la cause importante de la monarchie. Le langage perfide des panégyriques et des médailles parle obscurément d’une longue suite de victoires ; des titres, des trophées attestent, si l’on peut ajouter foi à un pareil témoignage, la réputation de Posthume, qui est souvent appelé le vainqueur des Germains et le libérateur de la Gaule[2].

Ils ravagent l’Espagne.

Mais un simple fait, le seul à la vérité dont nous ayons une connaissance certaine, renverse en grande partie ces monumens de la vanité et de l’adulation. Le Rhin, quoique décoré du titre de sauvegarde des provinces, fut une bien faible barrière contre l’esprit de conquête qui animait les Francs. Leurs dévastations rapides s’étendirent depuis ce fleuve jusqu’au pied des Pyrénées. Ils franchirent bientôt

  1. Zosime, l. I, p. 27.
  2. M. De Bréquigny (Mémoires de l’Académie, t. XXX) nous a donné une Vie très-curieuse de Posthume. On a formé plusieurs fois le projet d’écrire la vie des empereurs d’après les médailles et les inscriptions, et jusqu’à présent cet ouvrage manque (*).
    (*) M. Eckhel, conservateur du cabinet des médailles, et professeur d’antiquités à Vienne, et mort dernièrement, a rempli cette lacune par son excellent ouvrage : Doctrina numorum veterum conscripta à Jos. Eckhel, 8 vol. in-4o, Vindobonæ, 1797. (Note de l’Éditeur)