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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/14

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dus parmi les satrapes prosternés autour du vainqueur. Un troisième, plus animé par le sentiment de son ancienne grandeur, que par celui d’une nécessité présente, voulut se réfugier, avec une suite nombreuse, à la cour de son parent le roi d’Arménie. Cette troupe de fuyards fut surprise et arrêtée par la vigilance des Perses. Ainsi le vainqueur[1] ceignit fièrement le double diadème, et prit, à l’exemple de son prédécesseur, le surnom de roi des rois. Loin de se laisser éblouir par l’éclat du trône, le nouveau monarque s’occupa des moyens de justifier le choix de sa nation. Tous les titres pompeux qu’il avait rassemblés sur sa tête ne servirent qu’à lui inspirer la noble ambition de rétablir la religion et l’empire de Cyrus, et de rendre à sa patrie son ancienne splendeur.

Réformation du culte des mages.

Durant le long esclavage de la Perse sous le joug des Macédoniens et des Parthes, les nations de l’Europe et de l’Asie avaient réciproquement adopté et corrompu les idées que la superstition avait créées dans ces deux parties du monde. À la vérité, les Arsacides avaient embrassé la religion des mages ; mais ils en avaient altéré la pureté par un mélange de diverses idolâtries étrangères. Quoique sous leur règne on révérât dans tout l’Orient la mémoire de Zoroastre, l’ancien prophète et le premier philosophe des Perses[2], le langage mystérieux et vieilli dans le-

  1. Voyez Moïse de Chorène, l. II, c. 65-71.
  2. Hyde et Prideaux, qui ont composé, d’après les lé-