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ner le timide Gallus. Émilien rallia les troupes dispersées et ranima leur courage abattu. Tout à coup les Barbares sont attaqués, mis en déroute, chassés et poursuivis au-delà du Danube. Le général victorieux distribua aux compagnons de ses exploits l’argent destiné pour le tribut, et les acclamations de l’armée le proclamèrent empereur sur le champ de bataille[1]. Gallus semblait avoir oublié les intérêts de l’état au milieu des plaisirs de l’Italie ; informé presque dans le même instant des succès, de la révolte et de la marche rapide de son ambitieux lieutenant, il s’avança au-devant de lui jusqu’aux plaines de Spolète. Lorsque les armées furent en présence, les soldats de Gallus comparèrent la conduite ignominieuse de leur souverain avec la gloire de son rival ; ils admiraient la valeur d’Émilien, ils étaient attirés par la libéralité avec laquelle il offrait à tous les déserteurs une augmentation de paye considérable[2]. [Gallus abandonné et tué. A. D. 253. Mai.]Le meurtre de Gallus et de son fils Volusien termina la guerre civile, le sénat donna une sanction légale aux droits de la conquête. Les lettres d’Émilien à cette assemblée, sont un mélange de modération et de vanité ; il l’assurait qu’il remettrait à sa sagesse l’administration civile, et que, content de la qualité de général, il maintiendrait la gloire de la république, et délivrerait l’empire en peu de temps des Barbares de l’Orient et du Nord[3]. Son orgueil eut lieu d’être

  1. Zosime, l. I, p. 25, 26.
  2. Victor, in Cæsaribus.
  3. Zonare, l. XII, p. 628.