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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 2.djvu/10

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des invasions formidables : enfin, après une longue suite de calamités réciproques, les conquérans s’établirent dans le centre de l’empire. Pour développer avec plus de clarté la chaîne de ces grands événemens, nous commencerons par nous former une idée du caractère, des forces et des projets de ces nations, qui vengèrent la cause d’Annibal et de Mithridate.

Révolution d’Asie.

Dans les premiers siècles dont l’histoire fasse mention, tandis que les forêts qui couvraient le sein de l’Europe, servaient d’asile à quelques hordes de sauvages errans, l’Asie comptait un grand nombre de villes florissantes, renfermées dans de vastes empires, où régnaient le luxe, les arts et le despotisme. Les Assyriens donnèrent des lois à l’Orient[1], jusqu’à ce que le sceptre de Ninus et de Sémiramis s’échappât des mains de leurs successeurs amollis. Les Mèdes et les Babyloniens se partagèrent leurs états, et furent eux-mêmes engloutis dans la monarchie des Perses, dont les conquêtes s’étendirent

  1. Un ancien chronologiste cité par Vell.-Paterculus (l. I, c. 6), observe que les Assyriens, les Mèdes, les Perses et les Macédoniens régnèrent en Asie mille neuf cent quatre-vingt-quinze ans depuis l’avènement de Ninus jusqu’à la défaite d’Antiochus par les Romains. Comme le dernier de ces deux événemens arriva cent quatre-vingt-neuf ans avant Jésus-Christ, le premier peut être placé deux mille cent quatre-vingt-quatre ans avant la même époque. Les observations astronomiques trouvées à Babylone, par Alexandre, remontaient cinquante ans plus haut.