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doit nécessairement conduire à la justice, puisqu’il nous est défendu de faire tort à ceux qu’il nous est ordonné d’assister. Un prophète peut révéler les secrets du ciel et ceux de l’avenir ; mais dans ses maximes morales, il ne peut que nous répéter les leçons que nous avons reçues de notre propre cœur.

Résurrection.

Des récompenses et des punitions appuient les deux dogmes, et les quatre devoirs pratiques de l’islamisme ; les regards du musulman sont pieusement fixés sur le jugement dernier ; et bien que le prophète n’ait pas osé déterminer l’époque de cette imposante catastrophe, il indique obscurément les signes qui au ciel et sur la terre précéderont la dissolution universelle où tous les êtres animés perdront la vie, et où l’ordre de la création rentrera dans son premier chaos. Au son de la trompette on verra de nouveaux mondes s’élancer du néant ; les anges, les génies et les hommes s’élèveront hors des tombeaux, et les âmes humaines se trouveront réunies à leurs corps. Les Égyptiens semblent avoir adopté les premiers la doctrine de la résurrection[1] ;

    hôpitaux reçoivent des milliers de malades et de pèlerins ; qu’on y dote annuellement quinze cents filles ; qu’il y a cinquante-six écoles de charité pour les deux sexes, et que cent vingt confréries soulagent les besoins de leurs membres, etc. Les charités de Londres sont encore plus étendues ; mais je crains bien qu’il ne faille les attribuer plutôt à l’humanité qu’à la religion du peuple anglais.

  1. Voyez Hérodote (l. II, c. 123) et notre savant compa-