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les facultés de l’homme, à quelle intelligence supérieure faut-il attribuer l’Iliade d’Homère et les Philippiques de Démosthènes ? Dans toutes les religions, la vie du fondateur supplée au silence de ses révélations écrites : les paroles de Mahomet furent regardées comme autant de leçons de vérité, et ses actions comme des exemples de vertu : ses femmes et ses compagnons gardèrent le souvenir de tout ce qu’il avait dit et fait dans le cours de sa vie, soit publique, soit privée. Deux siècles après, le Sonna ou la loi orale fut fixée et consacrée par le travail de Al-Bochari, qui sépara cent mille deux cent soixante-quinze traditions véritables d’une masse de trois mille plus incertaines ou moins authentiques. Chaque jour ce pieux auteur allait prier dans le temple de la Mecque. Il y faisait ses ablutions avec les eaux du Zemzem ; il déposa successivement ses pages sur la chaire et le tombeau de l’apôtre, et les quatre sectes orthodoxes des Sonnites ont approuvé l’ouvrage[1].

Miracles.

Des prodiges éclatans avaient confirmé la mission de Moïse et de Jésus, et les habitans de la Mecque et de Médine pressèrent plusieurs fois Mahomet de donner la même preuve de la sienne, de faire descendre du ciel l’ange et le volume qu’il disait avoir

    blance de dialectes sortis de la même source, était beaucoup plus sensible dans leur enfance qu’à l’époque de leur maturité (Michaelis, p. 682 ; Schultens, in præfat. Job.).

  1. Al-Bochari mourut A. H. 224. Voyez d’Herbelot, p. 208, 416, 827 ; Gagnier, Not. ad Abulféda, c. 19, page 33.