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mais si les premiers chaînons de sa généalogie étaient obscurs ou douteux, il prouvait plusieurs générations d’une noblesse très-pure ; il sortait de la tribu de Koreish et de la famille des Hashémites, les plus illustres d’entre les Arabes, princes de la Mecque, et gardiens héréditaires de la Caaba. Abdol-Motalleb, son grand-père, était fils de Hashem, citoyen riche et généreux, qui, dans un temps de famine, avait nourri ses concitoyens des produits de son commerce. La Mecque, substantée par la libéralité du père, fut sauvée par le courage du fils. Le royaume d’Yémen obéissait aux princes chrétiens de l’Abyssinie ; une insulte que reçut Abrahah, leur vassal, le détermina à venger l’honneur de la croix ; une troupe d’éléphans et une armée d’Africains investirent la sainte cité. On proposa un arrangement ; dès la première conférence, le grand-père de Mahomet demanda la restitution de ses troupeaux, « Et pourquoi, lui dit Abrahah, n’implorez-vous pas plutôt ma clémence en faveur de votre temple que j’ai menacé ? » « C’est, répondit l’intrépide chef, que les troupeaux sont à moi, et que la Caaba appartient aux dieux, qui sauront la défendre contre l’injure et le sacrilége. » [Délivrance de la Mecque.]Le défaut de vivres ou la valeur des Koreishites forcèrent les Abyssins à une honteuse retraite. On a embelli le récit de leur déroute de l’apparition miraculeuse d’une troupe d’oiseaux qui firent pleu-

    modernes ignorent leur histoire, et ne s’embarrassent pas de leur généalogie (Voyage de d’Arvieux, p. 100-103).