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cond ; la fille de Jeroslas, petit-fils d’Anne, illustrée par le sang dont elle sortait, épousa un roi de France, Henri Ier, qui alla chercher une femme sur les confins de l’Europe et de la chrétienté[1].

Autorité despotique des empereurs.

Dans son palais de Byzance, l’empereur était le premier esclave du cérémonial qu’il imposait à ses sujets, et de ces formes rigides qui réglaient chaque parole et chaque geste ; l’étiquette l’assiégeait dans son palais et troublait le loisir de ses retraites à la campagne. Mais il disposait arbitrairement de la vie et de la fortune de plusieurs millions d’hommes, et les esprits les plus nobles, supérieurs aux vains plaisirs de la pompe et du luxe, peuvent être séduits par le plaisir plus entraînant de commander à leurs égaux. Le monarque réunissait le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif : et Léon-le-Philosophe avait anéanti les derniers restes de l’autorité du sénat[2].

    de l’Église russe. Cependant nous connaissons les vices du premier, et nous ignorons les vertus de la seconde.

  1. Henricus primus duxit uxorem scythicam, russam, filiam regis Jeroslai. Des évêques grecs furent envoyés en ambassade en Russie, et le père gratanter fillam cum multis donis misit. Ce mariage eut lieu en 1051. Voy. les passages des Chroniques originales dans les historiens de France de Bouquet (t. XI, p. 29, 159, 161, 319, 384, 481). Voltaire a pu s’étonner de cette alliance mais il n’aurait pas dû avouer son ignorance sur le pays, la religion, etc., de Jeroslas, nom si connu dans les Annales de la Russie.
  2. Une des constitutions de Léon-le-Philosophe (78), Ne Senatusconsulta amplius fiant, parle le langage du despotisme le plus déclaré : εξ ο‍υ το μοναρχον κρατος την το‍υτων