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possédaient les terres ou les bénéfices de la province furent assujettis au service militaire, soit en personne ou par remplacement : on exigea cinq pièces d’or de chacun des riches tenanciers, et les citoyens qui avaient moins de fortune, se réunissaient pour payer la même capitation. Lorsqu’on proclama la guerre d’Italie, les habitans du Péloponnèse, pour se dispenser de servir, offrirent cent livres d’or (quatre mille livres sterling) et mille cavaliers avec leurs armes et leurs équipages. Les églises et les monastères fournirent leur contingent ; on trouva une ressource sacrilége dans la vente des honneurs ecclésiastiques, et l’indigent évêque de Leucadie[1] fut forcé de répondre d’une pension de cent pièces d’or[2].

Des manufactures, et en particulier des fabriques de soie.

Mais la richesse de la province, la source la plus certaine du revenu public, se tirait des précieux et abondans produits du commerce et des manufactures. On aperçoit quelques symptômes d’une saine politique dans une loi qui affranchit de toute espèce d’impôt personnel les marins du Péloponnèse, et les ouvriers qui travaillaient le parchemin et la pourpre.

  1. Le rocher de Leucade formait la pointe méridionale de son diocèse. S’il eût eu le privilége exclusif du saut des Amans, si bien connu des lecteurs d’Ovide, epist. Sapho, il eût été le plus riche prélat de l’Église grecque.
  2. Leucatensis mihi juravit episcopus, quot annis ecclesiam suam debere Nicephoro aureos centum persolvere, similiter et cæteras plus minusve secundum vires suas (Luitprand, in Legat., p. 489).