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dit de meilleur sur cet objet. Ce prince ordonna de recueillir en cinquante-trois livres[1] les traits d’histoire les plus propres à encourager la vertu et à inspirer l’horreur du vice ; et tous les citoyens purent profiter pour eux-mêmes ou faire profiter leurs contemporains des leçons et des avis des temps passés. Le souverain de l’Orient descendit ainsi de l’auguste caractère de législateur aux modestes fonctions de professeur ou de copiste ; et si ses successeurs ou ses sujets n’ont pas rendu justice à ses soins paternels, la postérité en a reçu du moins le durable héritage.

Imperfection de ces écrits.

À la vérité, un examen plus sévère fait disparaître beaucoup de la valeur du présent et de la reconnaissance de la postérité ; la possession de ce trésor impérial ne nous empêche pas de regretter notre pauvreté et notre ignorance sur cette époque de l’histoire, et la gloire des auteurs s’efface insensiblement par l’indifférence ou le mépris. Les Basiliques ne sont que des fragmens, une version grecque partielle et mutilée des lois de Justinien ; mais souvent la sagesse des anciens jurisconsultes y est altérée par une étroite

    ont été publiés à Paris, 1530, in-folio (Fabr., Bibl. græc., t. VI, p. 493-500).

  1. De ces cinquante-trois livres ou titres, deux seulement sont arrivés jusqu’à nous et ont été imprimés : l’un, De legationibus (par Fulvius Ursinus, Anvers, 1582, et Daniel Hæchelius, August. Vindel., 1603) ; et l’autre De virtutibus et vitiis (par Henri Valois, éd. de Paris, 1634).