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des docteurs de l’islamisme ; on réserva pour l’empereur un grand nombre de croix enrichies d’or et de pierreries, dépouilles des églises de l’Asie, qui purent également satisfaire ou sa piété ou son avidité, et il fit enlever les portes de Mopsueste et de Tarse, qu’on incrusta dans les murs de Constantinople, pour servir à jamais de monument de sa victoire. [Invasion de la Syrie.]Les deux princes romains, après s’être rendus maîtres et assurés des défilés du mont Aman, se portèrent à plusieurs reprises dans le centre de la Syrie ; mais au lieu d’attaquer les murs d’Antioche, l’humanité ou la superstition de Nicéphore sembla respecter l’ancienne métropole de l’Orient ; il se contenta d’établir une ligne de circonvallation autour de la place ; il laissa une armée sous ses murs, et il recommanda à son lieutenant d’attendre avec tranquillité le retour du printemps ; mais au milieu de l’hiver, durant une nuit obscure et pluvieuse, un officier subalterne s’approcha des remparts, à la tête de trois cents soldats ; il appliqua ses échelles, s’empara de deux tours, tint ferme contre la foule des ennemis qui le pressaient de tous côtés, jusqu’au moment où son chef se décida malgré lui à le seconder. [Les Grecs reprennent Antioche.]La ville fut livrée d’abord au meurtre et au pillage ; ensuite on y rétablit le règne de César et celui de Jésus-Christ, et ce fut en vain que cent mille Sarrasins des armées de Syrie, et des flottes de l’Afrique, vinrent se consumer en efforts sous les murs de cette place. La cité royale d’Alep était soumise à Seifeddowlat, de la dynastie de Hamadan, qui ternit sa gloire par la précipitation