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soit pas leurs actions, la vanité de l’ambition humaine. Au moment de rendre le dernier soupir, le premier implora la miséricorde de Dieu envers un pécheur qui avait ignoré les bornes de son propre pouvoir ; le second, environné de quatre cent mille soldats et de huit mille esclaves, cachait à tous les yeux la chambre ou il essayait de dormir. Leurs fils furent élevés dans les vices des rois, et les Abbassides recouvrèrent la Syrie et l’Égypte qu’ils possédèrent encore trente ans. Dans le déclin de leur empire, les princes arabes de la tribu de Hamadan s’emparèrent de la Mésopotamie et des villes importantes de Mosul et d’Alep. [Les Hamadanites. A. D. 892-1001.]En vain les poètes de la cour des Hamadanites répétaient sans rougir que la nature avait fait leur visage sur le modèle de la beauté, qu’elle avait formé leur langue pour l’éloquence, et leurs mains pour la libéralité et la valeur ; l’histoire de leur élévation et de leur règne ne nous offre qu’une suite de perfidies, de meurtres et de parricides, [Les Bowides. A. D. 933-1055.]À cette même époque, fatale pour les Abbassides, la dynastie des Bowides usurpa de nouveau le royaume de Perse. Cette révolution fut opérée par le glaive de trois frères, qui, sous différens noms, s’intitulaient les soutiens et les colonnes de l’état, et qui de la mer Caspienne à l’Océan ne voulurent souffrir d’autres tyrans qu’eux-mêmes. La langue et le génie de la Perse se ranimèrent sous leur domination ; et trois cent quatre ans après la mort de Mahomet, les Arabes perdirent le sceptre de l’Orient.