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être si douce et si paisible : sa mort, venue à temps, assura son repos ainsi que celui du calife, qui obtint, par d’immenses concessions, que son frère Amrou retournât dans les palais de Shiraz et d’Ispahan. Les Abbassides étaient trop faibles pour combattre, et trop orgueilleux pour pardonner ; [Les Samanides. A. D. 874-999.]ils appelèrent à leur secours la puissante dynastie des Samanides, qui passèrent l’Oxus à la tête de dix mille cavaliers, si pauvres, que leurs étriers étaient en bois ; si braves, qu’ils vainquirent l’année des Soffarides, huit fois plus nombreuse que la leur. Amrou fait prisonnier, fut envoyé chargé de fers à la cour de Bagdad, présent agréable à lui offrir ; et le vainqueur s’étant contenté de la possession héréditaire de la Transoxiane et du Khorasan, les royaumes de la Perse repassèrent pour quelque temps sous l’autorité des califes. Les provinces de la Syrie et de l’Égypte furent démembrées deux fois par des esclaves turcs de la race de Toulun et de celle d’Ikshides[1]. [Les Toulonides. A. D. 868-905.][Les Ikshidites. A. D. 864-968.]Ces Barbares, qui avaient adopté la religion et les mœurs des musulmans, s’élevèrent du milieu des factions sanglantes du palais au gouvernement d’une province, puis à une autorité indépendante ; ils rendirent leurs noms célèbres et redoutables parmi leurs contemporains ; mais les fondateurs de ces deux puissantes dynasties confessèrent, soit par leurs paroles,

  1. M. de Guignes (Hist. des Huns, t. III, p. 124-154) a épuisé tout ce qui a rapport aux Toulonides et aux Ikshidites de l’Égypte, et il a jeté du jour sur les Hamadanites et les Carmathiens.