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était pressée par l’infatigable Abdallah, qui en le poursuivant augmentait chaque jour de force et de réputation. Les restes de la faction des Blancs furent définitivement vaincus en Égypte, et le coup de lance qui termina la vie et les inquiétudes de Merwan, lui parut peut-être aussi favorable qu’il l’était à son vainqueur. [Chute des Ommiades. A. D. 750, 10 févr.]L’impitoyable vigilance du prince triomphant extirpa les branches les plus éloignées de la maison rivale. On dispersa leurs ossemens ; on chargea leur mémoire d’imprécations, et le martyre de Hosein fut amplement vengé sur la postérité de ses tyrans. Quatre-vingts des Ommiades, qui s’étaient rendus sur la parole de leurs ennemis ou comptaient sur leur clémence, furent invités à un festin qui se

    Busiris, si célèbre dans les fables grecques. La première, où Merwan fut tué, se trouve à l’occident du Nil, dans la province de Fium ou d’Arsinoë ; la seconde dans le Delta, dans le Nome Sebennytique ; la troisième est près des Pyramides, et la quatrième, qui fut détruite par Dioclétien (voyez le Chapitre XIII de cet ouvrage), est dans la Thébaïde. Voici une note du savant et orthodoxe Michaelis : Videntur in pluribus Ægypti superioris urbibus Busiri Coptoque arma sumpsisse christiani, libertatemque de religione sentiendi defendisse, sed succubuisse, quo in bello Coptus et Busiris diruta, et circa Esnam magna strages edita. Bellum narrant, sed causam belli ignorant scriptores Byzantini, alioqui Coptum et Busirim non rebellasse dicturi, sed causam christianorum suscepturi (Note 211, p. 100). Voyez sur la géographie des quatre Busiris, Abulféda (Descript. Ægyp., p. 9, vers. Michaelis, Gottingue, 1776, in-4o), Michaelis (Not. 122-127, p. 58-63) et d’Anville (Mém. sur l’Égypte, p. 85, 147, 205).