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portantes de l’arithmétique, de l’algèbre et des sciences mathématiques[1].

Second siége de Constantinople. A. D. 716-718.

Tandis que le calife Walid sommeillait sur le trône de Damas, et que ses lieutenans achevaient la conquête de la Transoxiane et de l’Espagne, une troisième armée de Sarrasins inondait les provinces de l’Asie Mineure et s’approchait de Byzance. Mais la tentative et le mauvais succès d’un second siége étaient réservés à son frère Soliman, animé, à ce qu’il paraît, d’une ambition plus active et d’un courage plus martial. Dans les révolutions de l’empire grec, après que le tyran Justinien eut été puni et vengé, un humble secrétaire, Anastase ou Artemius, fut élevé à la pourpre par le hasard ou par son mérite. Des bruits de guerre vinrent bientôt l’alarmer, et l’ambassadeur qu’il avait envoyé à Damas lui rapporta la terrible nouvelle des préparatifs que faisaient les Sarrasins sur mer et sur terre pour un armement bien supérieur à tous ceux qu’on avait vus jusque alors ou à tout ce qu’on pouvait imaginer. Les précautions d’Anastase ne furent indignes ni de son rang ni du danger qui le menaçait. Il ordonna de

  1. Selon un nouveau système probable que soutient M. de Villoison (Anecdota Græca, t. II, p. 152-157), nos chiffres n’ont été inventés ni par les Indiens ni par les Arabes ; les arithméticiens grecs et latins les employaient, long-temps avant le siècle de Boëce. Lorsque les lumières disparurent en Occident, les Arabes qui traduisaient les manuscrits originaux, les adoptèrent, et les Latins en reprirent l’usage vers le onzième siècle.