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il continua sa route jusqu’au moment où il se trouva sur le territoire d’Égypte. Il assembla ses officiers, brisa le sceau, lut la lettre, et après avoir demandé gravement le nom et la situation du lieu où il était, il protesta de sa soumission aux ordres du calife. Après un siége de trente jours, il s’empara de Farmah ou Péluse, et la prise de cette ville, qu’on nommait avec raison la clef de l’Égypte, lui ouvrit l’entrée du pays jusqu’aux ruines d’Héliopolis, dans le voisinage de la ville actuelle du Caire.

Les villes de Memphis, de Babylone et du Caire.

Sur la rive occidentale du Nil, à peu de distance à l’est des pyramides et au sud du Delta, Memphis, ville de cent cinquante stades de circonférence, étalait la magnificence des anciens rois de l’Égypte. Sous le règne des Ptolémées et des Césars, le siége du gouvernement avait été transféré au bord de la mer ; les arts et la richesse d’Alexandrie éclipsèrent bientôt l’ancienne capitale ; les palais et les temples de Memphis, devenus déserts, tombèrent en ruines ; mais au siècle d’Auguste, et même au temps de Constantin, on la mettait encore au nombre des villes les plus étendues et les plus peuplées[1]. Les deux

  1. Strabon, témoin exact et attentif, observe en parlant d’Héliopolis, νυνι μεν ουν εςι ϖανερημος η πολις (Geographia, liv. XVII, p. 1158) ; mais en parlant de Memphis, il dit, πολις δ’εςι μεγαλη τε κα ; ευανδρος δευτερα μετ Αλεξανδρειαν (p. 1161). Il remarque toutefois le mélange des habitans et la ruine des palais. Ammien, en traitant de l’Égypte proprement dite, compte Memphis parmi les quatre villes, maximis urbibus quibus provincia nitet (XXII, 16) ; et le