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entre tes mains, viens, suivi de ceux qui sont avec toi, à Aiznadin, où tu nous trouveras, s’il plaît à Dieu très-grand. » On obéit avec joie aux ordres de Caled, et les quarante-cinq mille musulmans qui arrivèrent le même jour et au même endroit, attribuèrent à la faveur de la Providence les effets de leur activité et de leur zèle.

Bataille d’Aiznadin. A. D. 633, 13 juillet.

Ce fut quatre ans après les triomphes de la guerre de la Perse, que le repos d’Héraclius et de l’empire fut troublé par un nouvel ennemi et une religion dont les chrétiens d’Orient sentaient fortement les effets sans en comprendre bien clairement les dogmes. L’invasion de la Syrie, la perte de Bosra et le siége de Damas éveillèrent l’empereur dans son palais de Constantinople ou d’Antioche. Soixante-dix mille soldats, soit vétérans ou de nouvelles levées, se rassemblèrent à Hems ou Émèse, sous les ordres de Werdan[1] son général, et ces troupes, presque

    musulmans ainsi que les fanatiques anglais du dernier siècle, citaient à tout propos leurs écritures, soit dans leurs entretiens familiers ou dans les occasions importantes : au reste, ces citations avaient quelque chose de moins bizarre que les tours hébraïques transplantés dans le climat et le dialecte de la Grande-Bretagne.

  1. Le nom de Werdan n’était pas connu de Théophane, et quoiqu’il ait pu appartenir à un chef arménien, sa terminaison et sa prononciation n’annoncent pas une origine grecque. Si les historiens de Byzance ont défiguré les noms orientaux, les Arabes le leur ont bien rendu, comme le prouve ce cas particulier. En transposant les caractères grecs de droite à gauche, on trouve dans le nom assez