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Sogdiane fournissaient toutes les marchandises dont l’Inde et l’Europe avaient besoin, et c’est des fabriques de Samarcande que s’est répandu en Occident cet art inestimable qui transforme le linge en papier.[1]

Invasion de la Syrie. A. D. 632.

II. Abubeker, après avoir rétabli l’unité de la foi et du gouvernement, écrivit cette lettre à toutes les tribus arabes. « Au nom du Dieu miséricordieux, salut et bonheur au reste des vrais croyans, et que les bénédictions du ciel soient avec vous. Je loue le Dieu tout-puissant, et je prie pour Mahomet son prophète. — Je vous avertis que je me propose d’envoyer les vrais croyans dans la Syrie[2], afin de l’arracher

  1. On a inséré dans la Bibliotheca arabico-hispana, une description curieuse de Samarcande (t. I, p. 208, etc.). Le bibliothécaire Casiri raconte (t. II, 9), d’après un témoignage digne de foi, que le papier fut importé pour la première fois de la Chine à Samarcande (A. H. 30), et qu’on l’inventa ou plutôt qu’on l’introduisit à la Mecque (A. H. 88). La Bibliothéque de l’Escurial possède un manuscrit sur papier, qui est du quatrième ou cinquième siècle de l’hégyre.
  2. Al-Wakidi, cadi de Bagdad, qui naquit A. D. 748, qui mourut A. D. 822, a composé une histoire particulière de la conquête de la Syrie ; il a aussi écrit l’histoire de la conquête de l’Égypte, du Diarbekir, etc. Al-Wakidi, supérieur aux chroniques stériles et récentes des Arabes, a le double mérite d’être ancien et fort détaillé ; les contes et les traditions qu’il rapporte offrent un tableau sans art de la nature humaine et de son siècle : au reste, sa narration est trop souvent défectueuse, remplie de détails minutieux