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pèce ; mais l’époque où le grand corps des Arabes est sorti de cette déplorable misère est déjà bien ancienne, et le désert ne pouvant nourrir une peuplade de chasseurs, ils passèrent subitement à la position plus tranquille et plus heureuse de la vie pastorale. Toutes les tribus errantes des Arabes ont les mêmes habitudes : on retrouve dans le tableau des Bédouins actuels, les traits de leurs aïeux[1], qui, au temps de Moïse ou de Mahomet, habitaient sous des tentes de la même forme, et conduisaient leurs chevaux, leurs chameaux et leurs moutons aux mêmes sources et aux mêmes pâturages. Notre empire sur ces animaux utiles diminue notre travail en augmentant notre richesse, et le pasteur arabe est devenu le maître absolu d’un ami fidèle et d’un esclave laborieux[2]. [Le cheval.]Les naturalistes croient que le cheval est originaire de l’Arabie, le climat le plus favorable non pas à la taille, mais à l’ardeur et à la vitesse de ce généreux quadrupède. Le mérite des chevaux barbes, espagnols et anglais, leur vient

  1. Voyez le Specimen Historiæ Arabum de Pococke, p. 2, 5, 86, etc. Le Voyage de M. d’Arvieux, en 1664, au camp de l’émir du mont Carmel (Voyage de la Palestine, Amsterdam, 1718), offre un tableau agréable et original de la vie des Bédouins, encore éclairci par Niebuhr (Description de l’Arabie, p. 327-344) et par M. de Volney (t. I, p. 343-385), le dernier et le plus judicieux de ceux qui ont publié des Voyages en Syrie.
  2. Lisez (ce n’est pas une tâche fâcheuse) les articles incomparables du Cheval et du Chameau dans l’Histoire naturelle de M. de Buffon.