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que dans la ville du prophète[1]. L’adroit Moawiyah éluda la valeur de son rival, et après la mort d’Ali négocia l’abdication de son fils Hassan, dont l’âme était au-dessus ou au-dessous d’un empire de ce monde, et qui quitta sans regret le palais de Cufa pour se retirer dans une humble cellule près du tombeau de son grand-père. Le changement d’un empire électif en une monarchie héréditaire combla enfin les ambitieux désirs du calife. Quelques murmures de liberté ou de fanatisme attestèrent la répugnance des Arabes, et quatre citoyens de Médine refusèrent le serment de fidélité ; mais Moawiyah conduisit ses projets avec vigueur et avec adresse ; et Yezid son fils, d’un caractère faible et de mœurs dissolues, fut proclamé commandeur des croyans et successeur de l’apôtre de Dieu.

Mort d’Hosein. A. D. 680. Oct. 10.

On raconte le trait suivant de la bienfaisance de l’un des fils d’Ali. Un esclave qui, en servant à table, avait laissé tomber sur son maître une écuelle remplie de bouillon brûlant, se jeta à ses pieds, et pour échapper au châtiment, il répéta ce passage du Koran ; « Le paradis est pour ceux qui commandent à leur colère. — Je ne suis point en colère. — Et pour ceux qui pardonnent les offenses. — Je pardonne votre offense. — Et pour ceux qui rendent le bien pour le mal. — Je vous donne votre liberté et quatre

  1. J’emprunte l’énergique pensée et l’expression de Tacite (Hist. l. I, c. 4) : Evulgato imperii arcano posse imperatorem alibi quam Romæ fieri.