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tifs, défendit de séparer jamais les mères des enfans, peut suspendre ou adoucir la censure de l’historien[1].

Vie privée de Mahomet.

Le bon sens de Mahomet méprisait la pompe de la royauté[2] : l’apôtre de Dieu se soumettait aux occupations les moins relevées de la vie domestique ; il allumait le feu, il balayait le plancher, il tirait le lait des brebis, il raccommodait lui-même ses souliers et ses vêtemens. S’il dédaignait les mortifications et les vertus d’un ermite, il observait sans effort ou sans vanité le régime frugal d’un Arabe et d’un soldat. Dans les grandes occasions, il recevait ses compagnons à sa table, servie alors avec une abondance rustique et hospitalière ; mais dans sa vie habituelle, plusieurs semaines s’écoulaient sans qu’on

  1. Gagnier expose avec la même impartialité cette loi humaine de Mahomet, et les meurtres de Caab et de Sophian, que le prophète excita et approuva. (Vie de Mahomet, t. II, p. 69, 97, 208.)
  2. Consultez, sur la vie domestique de Mahomet, Gagnier et les chapitres correspondans d’Abulféda ; sur son régime diététique (t. III, p. 285-288) ; sur ses enfans (p. 189-289) ; sur ses femmes (p. 290-303) ; sur son mariage avec Zeineb (t. II, p. 152-160) ; sur ses amours avec Marie (p. 303-309) ; sur la fausse accusation d’Ayesha (p. 186-199). Sur ces trois derniers faits, le témoignage le moins récusable se trouve dans les vingt-quatrième, trente-troisième et soixante-sixième chapitres du Koran, avec le Commentaire de Sale. Prideaux (Vie de Mahomet, p. 80-90) et Maracci (Prodrom. Alcoran., part. IV, p. 49-59) ont malignement exagéré les faiblesses de Mahomet.