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sacré Médine, et les innombrables pèlerins de la Mecque se détournent souvent pour honorer, par une dévotion[1] volontaire, le modeste tombeau du prophète[2].

Son caractère.

Le lecteur s’attend peut-être qu’à la fin de la vie de Mahomet, je vais examiner ses fautes et ses vertus, et décider si cet homme extraordinaire a mérité davantage le titre d’enthousiaste ou celui d’imposteur.

    turcicis, l. III, p. 66). Voyez le Dictionnaire de Bayle, art. Mahomet, Rem. EE. FF. Sans faire usage de la philosophie, il suffit d’observer, 1o. que le prophète n’a pas été enterré à la Mecque ; 2o. que son tombeau, qui est à Médine, a été vu par des millions de pèlerins, et qu’il se trouve placé à terre (Reland, De religione mohammed., l. II, c. 19, p. 209-211 ; Gagnier, Vie de Mahomet, t. III, p. 263-268).

  1. Al-Jannabi fait l’énumération (Vie de Mahomet, t. III, p. 372-391) des devoirs très-variés du pèlerin qui va visiter le tombeau du prophète et celui de ses compagnons ; et le savant casuiste décide que cet acte de dévotion est presque de rigueur comme l’accomplissement d’un précepte divin, et qu’il a presque le même mérite. Les docteurs disputent entre eux pour savoir laquelle des deux villes de la Mecque ou de Médine doit obtenir la prééminence (p. 391-394).
  2. Abulféda (Vit. Moham., p. 133-142) et Gagnier (Vie de Mahomet, t. III, p. 220-271) décrivent la dernière maladie, la mort et l’enterrement de Mahomet. Les détails les plus secrets et les plus intéressans ont été donnés dans le principe par Ayesha, par Ali, par les fils d’Abbas, etc. ; et comme ils habitaient Médine, et qu’ils survécurent au prophète plusieurs années, ils purent répéter ces pieux récits à une seconde et à une troisième génération de pèlerins.