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cent quatorze musulmans accompagnèrent le dernier pèlerinage de l’apôtre.[1]

Première guerre des mahométans contre l’Empire romain. A. D. 629-630.

Lorsque Héraclius revint triomphant de la guerre de Perse, il reçut à Emèse un des envoyés de Mahomet, qui invitait les princes et les nations de la terre à la profession de l’islamisme. Le fanatisme des Arabes a vu dans cet événement une preuve de la conversion secrète de cet empereur chrétien ; la vanité des Grecs a supposé de son côté que le prince de Médine était venu en personne visiter l’empereur, et qu’il avait accepté de la munificence impériale un riche domaine et un sûr asile dans la province de Syrie[2] ; mais l’amitié d’Héraclius et de Mahomet fut de courte durée : la nouvelle religion avait excité plutôt que diminué l’esprit de rapine des Sarrasins ; et le meurtre d’un envoyé fournit une occasion honnête d’envahir avec trois mille soldats le territoire de la Palestine, qui se prolonge à l’est du Jourdain. Zeid fut chargé de la sainte bannière ; et telle fut la discipline ou le fanatisme de la secte naissante, que les plus nobles chefs servirent vo-

  1. Abulféda (p. 121-133), Gagnier, t. III, p. 119-219), Elmacin (p. 10, 11) et Abulpharage (p. 103) racontent les dernières conquêtes et le dernier pèlerinage de Mahomet. La neuvième année de l’hégyre fut appelée l’année des ambassades. (Gagnier, Not. ad Abulfed., p. 121.)
  2. Comparez le superstitieux Al-Jannabi (ap. Gagnier, t. II, p. 232-255) avec Théophane (p. 276-278), Zonare (t. II, l. XIV, p. 86) et Cedrenus (p. 421) ; Grecs non moins superstitieux.