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phe de leur superstition et satisfaire leur fureur ; mais la petite armée de Mahomet se rallia bientôt sur le champ de bataille, et ils n’eurent ni assez de force ni assez de courage pour entreprendre le siége de Médine. [Les nations, ou le fossé, A. D. 625.]L’apôtre fut attaqué l’année suivante par dix mille ennemis, et cette troisième expédition prit son nom tantôt des nations qui marchaient sous le drapeau d’Abu-Sophian, tantôt du fossé qu’on creusa devant la ville et devant le camp où les musulmans étaient retranchés au nombre de trois mille. Mahomet évita prudemment une action générale ; Ali signala sa valeur dans un combat singulier : cette guerre se prolongea pendant vingt jours, après lesquels les confédérés se retirèrent. Un ouragan, accompagné de pluie et de grêle, renversa leurs tentes ; lin adversaire insidieux fomentait leur division, et les Koreishites, abandonnés de leurs alliés, n’espérèrent plus abattre le trône ou arrêter les conquêtes de l’homme invincible qu’ils avaient proscrit[1].

Mahomet subjugue les Juifs de l’Arabie. A. D. 623-627.

Le choix qu’avait voulu faire Mahomet de la ville de Jérusalem, pour le premier kebla de la prière, fait connaître l’inclination que lui avaient d’abord inspirée les Juifs ; et il eût été à désirer, pour leurs intérêts temporels, qu’ils eussent reconnu dans le

  1. Voy. sur les détails des trois guerres de Beder, d’Ohud et du fossé, entreprises par les Koreishites contre Mahomet, Abulféda (p. 56-61, 64-69, 73-77), Gagnier (t. II, p. 23-45, 70-96, 120-139), avec les articles de d’Herbelot et les Abrégés d’Elmacin (Hist. Seracen., p. 6, 7) et Abulpharage (Dynast., p. 102).