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Sa guerre défensive contre les Koreishites de la Mecque.

La fuite de Mahomet aurait peut-être satisfait les Koreishites, s’ils n’eussent craint et ressenti la vengeance d’un ennemi placé de manière à intercepter leur commerce de la Syrie dans son passage, et son retour par le territoire de Médine. Abu-Sophian lui-même, escorté seulement de trente ou quarante guerriers, conduisait une caravane de mille chameaux ; sa marche fut si heureuse ou si habile, qu’il échappa à la vigilance du prophète ; mais il apprit que les saints voleurs étaient en embuscade et épiaient son retour. Il envoya un courrier à ses frères de la Mecque ; ceux-ci, animés par la crainte de perdre leurs marchandises et leurs munitions, volèrent promptement à son secours avec toutes les forces de la ville. La bande sacrée de l’apôtre était composée de trois cent treize musulmans, parmi lesquels on comptait soixante-dix-sept fugitifs, et le reste d’auxiliaires ; il n’avait que soixante-dix chameaux qu’ils montèrent chacun à leur tour (les chameaux d’Yatreb étaient formidables à la guerre) ; mais telle était la pauvreté de ses premiers disciples, qu’on n’en comptait que deux qui pussent paraître à cheval

    Notes de Sale, et c. 17, p. 413, avec les Notes de Maracci) expose d’un ton sévère cette doctrine de la prédestination absolue, sur laquelle peu de religions ont des reproches à se faire. Reland (De Religion Mohamm., p. 61-64) et Sale (Discours prélimin., p. 103) développent les opinions des docteurs, et nos voyageurs modernes, le degré de confiance qu’elles inspirent aux Turcs ; confiance qui commence à décroître.