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que vous voyez et ce que je vois, aucun de ces messieurs ne le perçoit.

Étienne, ahuri.

C’est pas possible !

Madame Petypon.

À genoux ! et écoutez la parole d’en haut !

Étienne

C’est pas de refus ! (Il s’agenouille à droite de la table, tandis que madame Petypon, s’écartant d’un pas sur les genoux, reprend son attitude première, recueillie et prosternée, — brusquement.) Je mets ce citron là !

Il le dépose sur la table.
Madame Petypon, sursautant et sur un ton rageur.

Mais oui, quoi ? votre citron !… (À la Môme, sur un tout autre ton.) Je t’écoute, ô mon séraphin !

La Môme, d’une voix céleste.

Gabrielle ! je viens d’en haut exprès pour t’enseigner la haute mission qui t’est réservée !

Petypon, à part.

Quel aplomb !

La Môme.

Femme ! tu m’écoutes ?

Madame Petypon.

Je suis tout oreilles !

La Môme.

Tu vas te lever sans perdre un instant ! D’un pas rapide, tu iras jusqu’à la place de la Concorde dont tu feras cinq fois le tour !