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LE DIABLE À PARIS
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LE CLIMAT DE PARIS
pour servir à l’histoire de france

Les histoires sont des livres assez ennuyeux, qu’on est obligé de lire au collège pour prendre son grade de bachelier. En général, on écrit ces livres en copiant les autres ; c’est un travail grave, fait par des hommes sérieux, qui se garderaient bien de hasarder le moindre mot plaisant, de peur de compromettre leur solennelle profession d’historien. Ces écrivains ne savent pas que les acteurs de tous ces livres sont des hommes, et qu’il n’y a jamais eu un seul héros perpétuellement sérieux, depuis David, l’inventeur de la chorégraphie publique, jusqu’à Napoléon, qui a naturalisé l’opéra-bouffe à Paris. L’histoire serait une chose charmante comme la fable, dont elle est la froide et grave copie, si elle savait descendre à tant de ces petits détails qui ont souvent produit les grandes choses. Mais l’histoire ne veut pas descendre ; elle a des hauteurs qu’elle garde, et d’où elle juge les hommes et les événements avec tant de gravité profonde, qu’à moins d’être candidat bachelier, le livre, à sa seconde page, vous tombe des mains.

J’ai vainement cherché dans les histoires de France une seule réflexion sur l’influence que le climat de Paris a fait subir à la coiffure