Page:Gavarni - Grandville - Le Diable à Paris, tome 4.djvu/186

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


universelle de 1855, et dont les galeries servent maintenant aux expositions annuelles de peinture, etc.

Paris possède un grand nombre de monuments que l’histoire a revêtus d’un charme particulier, ou qui doivent à l’illustration des grands hommes les soins religieux dont on les entoure. On peut citer dans ce genre le palais des Thermes, attribué à Julien l’Apostat, et dont la piscine et le frigidarium sont bien conservés, l’hôtel Cluny, admirable spécimen de l’architecture mi-gothique et mi-Renaissance du xve siècle, l’hôtel de Béthune, bâti rue Saint-Antoine par Ducerceau, l’hôtel de Bourgogne, rue du Petit-Lion, qui date du xiiie siècle, l’hôtel Lamoignon, rue Pavie, bâti pour Diane de France, en 1550, l’hôtel de Luynes, rue Saint-Dominique-Saint-Germain, construit par la duchesse de Chevreuse, l’hôtel de Ninon de l’Enclos, rue des Tournelles, l’hôtel Carnavalet, rue Culture-Sainte-Catherine, terminé par Mansart au xviie siècle, et que l’on restaure en ce moment avec le goût le plus scrupuleux, l’hôtel Borghèse, rue du Faubourg-Saint-Honoré, devenu l’ambassade d’Angleterre, l’hôtel Conti, rue de Grenelle-Saint-Germain, devenu l’ambassade d’Autriche, l’hôtel Renaissance de Gabrielle d’Estrées, rue des Francs-Bourgeois, l’hôtel de Bouillon, quai Malaquais, l’hôtel Pimodan, quai d’Anjou, l’hôtel moderne de Pourtalès, rue Tronchet, l’hôtel Saint-Aignan, rue du Temple, etc., la maison de François Ier, sur le Cours-la-Reine, dont la façade est ornée de sculptures attribuées à Jean Goujon, la maison où mourut Corneille, rue d’Argenteuil, la maison de Racine, rue des Marais-Saint-Germain, la maison où naquit Molière, près des Halles, la maison où mourut Voltaire, ancien hôtel Villette, situé quai Voltaire, la maison de Lully, rue Neuve-des-Petits-Champs, la maison du quai Conti qu’habitait le jeune Bonaparte en 1795, etc.

Les théâtres sont très-nombreux à Paris, et parmi ceux qui présentent un aspect monumental, on doit citer le nouvel Opéra, dû à l’architecte Garnier, qui sera le plus complet et peut-être le plus beau des édifices de ce genre, l’Odéon qui a été reconstruit en 1818, et dont le portique est corinthien, le Théâtre-Italien, bâti en 1829 sur la place Ventadour, l’Opéra-Comique, place Boïeldieu, le Théâtre-Français, bâti en 1782 par l’architecte Louis pour le compte du duc d’Orléans, les nouveaux théâtres du Châtelet, Lyrique, de la Gaîté, du Vaudeville, élevés dans ces dernières années aux frais de la ville de Paris, etc. Les marchés de Paris sont pour la plupart très-bien aménagés. Les Halles centrales, construites sous la direction de l’architecte Baltard, se