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et il importe tout ce qui est nécessaire à l’alimentation et à l’existence de cette immense ville. Paris, en effet, dans le courant d’une année, consomme 3 millions et demi d’hectolitres de vins, alcools et liqueurs, 600 mille hectolitres d’huile, vinaigre, bière, 12 millions de kilogrammes de raisin, 144 millions de kilogrammes de comestibles, viande de bœuf, vache, veau, mouton, bouc et chèvre, fromages, du poisson pour 13 millions de francs, des huîtres pour 2 millions de francs, de la volaille et du gibier pour 25 millions, du beurre pour 29 millions et demi, des œufs pour 14 millions et demi, 12 millions de kilogrammes de sel, 11 millions de kilogrammes de glace, 3 millions et demi d’acides et de bougies stéariques, 2 millions et demi de suif et de graisse, 4 millions et demi de stères de bois, 749 millions de kilogrammes de charbon de terre et de coke, 162 millions de kilogrammes d’orge et d’avoine, 45 millions de bottes de foin et de paille, un chiffre très-considérable de matériaux, parmi lesquels on remarque 21 millions de kilogrammes de ciment, 25 millions de kilogrammes de fer, 16 millions de kilogrammes de fonte, 4 millions de stères de bois de construction, etc.

Toutes les nécessités de l’existence comme toutes ses superfluités ont créé un immense mouvement d’affaires dont Paris est le centre, et un mouvement de capitaux qui place cette grande ville immédiatement après Londres. Rien que la valeur des effets escomptés pour Paris à la Banque de France atteint à 2 milliards 300 millions, et le chiffre des négociations officiellement constatées à la Bourse, au comptant et à terme, s’élève annuellement à la somme de 80 milliards.

Avant l’invasion romaine, le territoire actuellement occupé par le département de la Seine était habité par la petite peuplade des Parisii, probablement d’origine belge. Leur domaine était fort restreint et il tenait tout entier dans une circonférence de douze lieues. Ils avaient pour principale ville la Cité, l’une des cinq îles de la Seine, que des raccordements successifs ont réduites à deux aujourd’hui. La Cité était alors réunie aux rives droite et gauche du fleuve par deux ponts de bois, qui sont devenus plus tard le Petit-Pont et le Pont-au-Change, et elle s’appelait Lutetia, c’est-à-dire la ville boueuse.

Ce fut 54 ans avant Jésus-Christ que César se mit pour la première fois en rapport avec les Parisiens ; il réunit plusieurs chefs gaulois à Lutèce, et obtint d’eux un contingent de cavalerie pour l’aider dans sa conquête ; mais l’année suivante, les Parisiens se soulevèrent contre l’envahisseur, et brûlèrent leur ville, que le lieutenant Labienus