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« Ce n’est rien » madame, c’est M. Tirlot qui est tombé. »

Mme Laloine arriva presque au même instant, et tout effrayée de cet accident, elle dit à Lise :

« Voyons, ma fille, descends de cheval ; ce qui est arrivé à M. Tirlot peut t’arriver.

— Mais, maman…, dit Lise d’un air boudeur.

— Allons, sois raisonnable, lui dit son père, puisque ta mère a peur. »

Lise dit avec humeur :

« Ah ! monsieur Tirlot, vous êtes d’une gaucherie… c’est moi qu’on punit de votre maladresse.

— De ma maladresse, mademoiselle ? je voudrais bien vous voir sur cette bête enragée. Voilà deux fois qu’elle me jette par terre, car je suis déjà tombé là-bas sans rien dire.

— Alors pourquoi avez-vous crié ici ?

— Ce n’est pas moi, dit Tirlot, c’est vous.

— Mais la dernière fois aussi vous êtes tombé trois fois, et maman n’a pas eu peur pour ça.

— C’est que tu étais avec le capitaine Simon, lui dit M. Laloine, qu’il était à côté de toi, et que je me fiais à lui.

— En vérité, dit Sterny, si j’osais… et pour ne pas priver Mlle Lise de ce plaisir, je m’offre à l’accompagner et je réponds d’elle.

— Mais vous n’avez pas de cheval, monsieur Léonce, dit-elle d’un air chagrin.

— Peut-être que M. Tirlot ne voudra pas remonter sur le sien.

— Je vous demande pardon, répondit Tirlot d’un ton sec, j’en aurai raison.

— Soit, monsieur, » dit Sterny,

M. Tirlot enfourcha de nouveau son cheval, et voulant faire le brave, il s’avisa de lui donner trois ou quatre coups de cravache ; l’animal se cabra, rua, sauta, et renvoya M. Tirlot sur le chemin.

« C’est bien fait, dit Lise.

— Vrai ? dit Tirlot… Eh bien, je conseille à monsieur d’en goûter, il verra.

— Volontiers, dit Sterny.

— Je donnerais cent sous, dit Tirlot à Mme Laloine, pour que votre marquis descendit la garde. »

Le cheval était rétif, mais il ne fallait pas un cavalier si exercé que