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SOUS LES TILLEULS DE LA PLACE ROYALE

une vieille dame, assise ; un vieux monsieur, assis près d’elle ; un vieux domestique, en livrée ; un vieux griffon.


la vieille dame, prenant une prise dans une tabatière à portrait. — Oui, mon cher monsieur, voilà un an que j’ai l’indiscrétion de vous remarquer chaque matin sur cette place, et je vous remarque d’autant mieux qu’il n’y a guère que vous et moi à une lieue à la ronde qui n’ayons pas l’air de marchands de toile. — Pardon, je suppose que vous avez une tabatière ?

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le vieux monsieur, poliment, et tirant de sa poche une tabatière à portrait. … Oui, madame.

la vieille dame. — C’est heureux, car j’avoue que je n’aime-pas à faire de la mienne un bénitier. C’est un genre de politesse qui est d’un goût qui n’est pas le mien.

le vieux monsieur, souriant. — Je suis surpris qu’on n’ait pas encore eu l’idée d’établir des tabatières publiques.

la vieille dame. — Cela viendra, mon cher monsieur. J’ai un neveu qui fume, — telle que vous me voyez.

le vieux monsieur, caressant un rayon de soleil sur son genou. — Charmante matinée !