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modèle accompli de probité, de loyauté, de désintéressement, de vertus publiques et privées ?

Souvenez-vous-en donc une bonne fois, hommes de toutes les classes et de toutes les professions, pères de famille, simples citoyens, magistrats, législateurs, vous tous que l’âge, la fortune, l’intelligence, une position quelconque appellent à réagir sur vos semblables, par conséquent à guérir la société agonisante : c’est, non comme moyen gouvernemental, non comme instrument de police, non comme femme de ménage, ainsi que l’ont fait vos devanciers ; mais bien comme loi divine, loi sacrée pour tous, pour vous comme pour le peuple, sans exception aucune, que vous devez appeler la religion à votre aide, vous inspirer de son esprit dans vos lois et dans vos conseils, réclamer sa liberté, l’accepter, la professer, la pratiquer fidèlement, constamment, complètement.

Encore un coup, réfléchissons-y bien ; c’est à prendre ou à laisser : il n’y a pas de milieu. L’organisation du travail est une question de vie ou de mort pour l’Europe actuelle. Elle touche essentiellement aux deux lois fondamentales des sociétés, issues du christianisme : la liberté et la charité. Dans l’accord de ces deux lois se trouve, et se trouve exclusivement, la solution du problème. Toute mesure, tout système contraire à ces lois conduira bien vite à de nouvelles saturnales de l’anarchie. Tout ce qu’on tentera en dehors ne sera qu’une utopie impraticable, tout au plus un palliatif impuissant à guérir le mal.